Le rôle des émotions et de l’intelligence émotionnelle au travail

Dans Communication en entreprise

Ressentir des émotions est humain : certaines personnes osent davantage les exprimer que d’autres. Faut-il cacher ses émotions au travail ? Découvrez pourquoi il est important pour un professionnel de comprendre ses émotions, et l’utilité de l’intelligence émotionnelle en entreprise.

Quelles sont les émotions les plus ressenties par les professionnels ?

Plusieurs études ont été menées concernant les émotions au travail :

On parle généralement d’émotions positives et négatives. Or, toute émotion est bénéfique puisqu’elle vise à nous faire comprendre quelque chose. De ce fait, il faudrait plutôt parler d’émotions agréables et désagréables.

Pour savoir gérer ses émotions, il faut apprendre à les identifier. Voici les émotions agréables les plus ressenties par les professionnels au travail :

  • Enthousiasme
  • Motivation
  • Concentration
  • Energie
  • Calme
  • Bien-être
  • Satisfaction

Les émotions désagréables pouvant être ressenties en entreprise sont les suivantes :

  • Colère
  • Ressentiment
  • Dégoût
  • Humiliation
  • Stress
  • Contrariété
  • Frustration
  • Fatigue

L’origine des émotions au travail

Les émotions peuvent être plus ou moins ressenties selon différents facteurs :

  • l’âge
  • le genre
  • le niveau d’études
  • le statut
  • le niveau hiérarchique
  • la taille de l’entreprise
  • le niveau de responsabilités
  • la charge de travail
  • le secteur d’activité
  • la région
  • le cadre de travail
  • les relations professionnelles

Par exemple, un salarié ayant une surcharge de travail ressentira plus de stress. Un employé qui doit respecter une cadence de travail importante sera plus fatigué. Les femmes peuvent ressentir plus de dégoût que les hommes dans un environnement de travail sexiste. Une entreprise veillant au droit à la déconnexion contribue au bien-être de ses salariés.

Rôle émotions intelligence émotionnelle travail

Faut-il montrer ses émotions en entreprise ?

Il y a une dizaine d’années, l’expression des émotions (notamment négatives) en entreprise n’était pas envisageable. Aujourd’hui, montrer ses émotions au travail devient plus fréquent.

Selon une étude menée par la DARES en 2019, 65% des salariés cachent leurs émotions au travail, par obligation (ex : nécessité d’être accueillant et souriant en tant que serveur dans un restaurant ou comme hôtesse d’accueil) ou par choix. Pourtant, essayer de systématiquement contrôler ses émotions risque de les décupler et peut créer une forte charge mentale.

Exprimer ses émotions au travail est parfois utile : les jeunes travailleurs (18 à 35 ans) l’ont compris. Ils sont plus enclins à faire part de leurs ressentis, dans le but d’améliorer l’environnement de travail et de faire évoluer les mentalités sur la santé mentale.

Par ailleurs, les travailleurs parlent davantage de leurs émotions avec leurs collègues, qu’avec leur manager direct ou le service des ressources humaines.

Pourquoi faut-il tenir compte des émotions au travail ?

Tout d’abord, il faut se rappeler qu’une émotion a pour but de nous faire comprendre quelque chose : elle est donc toujours utile, qu’elle soit agréable ou désagréable. Par exemple : un salarié qui subit du harcèlement peut ressentir de la colère. Cette émotion lui rappelle que la situation est inacceptable et qu’il faut agir.

Il est essentiel de prendre en compte les émotions des collaborateurs dans la mesure où leurs conséquences peuvent nuire ou être bénéfiques pour l’entreprise. Par exemple :

  • Un travailleur ressentant des émotions positives sera plus susceptible de s’impliquer au-delà de ses attributions, de prendre des initiatives et d’être plus fidèle à la société. Cela améliore la productivité et l’efficacité de l’entreprise, tout en réduisant le risque de burn-out et de démission.
  • Un employé qui ressent des émotions négatives peut être moins motivé, se sous-estimer, et avoir des problèmes de santé mentale ou physique. Cela affecte donc l’ambiance de travail et augmente le taux d’absentéisme.

En tant qu’employeur, valoriser les émotions et leur impact est primordial pour la culture d’entreprise. Les collaborateurs apprécient avoir le soutien de leurs supérieurs hiérarchiques : cela accroît leur sentiment d’appartenance et leur investissement. La reconnaissance émotionnelle permet d’améliorer la marque employeur. Pour cela, toutes les formes émotions doivent être acceptées : chacun doit pouvoir dire ce qu’il ressent réellement. Afin d’éviter tout décalage et les tensions, il ne faut pas que les salariés se sentent obligés d’exprimer une émotion contraire à ce qu’ils ressentent vraiment.

L’importance de l’intelligence émotionnelle au travail

L’intelligence émotionnelle (IE) est souvent considérée comme une soft skill indispensable au travail. Il s’agit d’un concept popularisé par le psychologue Daniel Goleman dans les années 1990, qui désigne la capacité à identifier, à comprendre et à gérer de façon constructive ses émotions et celles des autres.

Un test de quotient émotionnel (QE) peut être réalisé afin de connaître son niveau d’intelligence émotionnelle. Il permet d’analyser la conscience de soi, la maîtrise de soi, l’empathie et les compétences sociales d’un individu. Les professionnels qui ont une IE élevée sont capables de se mettre à la place d’autrui, et peuvent être de très bons leaders.

Cette intelligence émotionnelle est un véritable atout dans le monde professionnel dans la mesure où elle permet de :

  • Motiver les collaborateurs
  • Résoudre les conflits
  • Prendre de meilleures décisions
  • Développer l’entreprise
  • Mieux communiquer avec les autres
  • Renforcer la cohésion d’équipe

Analyse des émotions grâce à l’intelligence artificielle (IA)

L’intelligence artificielle (IA) peut être utilisée pour analyser les émotions au travail, via la reconnaissance vocale, faciale et le traitement du langage. Les émotions des professionnels peuvent être identifiées grâce aux mots qu’ils emploient, les expressions de leur visage et le ton de leur voix.

En complément de l’intelligence émotionnelle humaine, les outils IA aident à assurer le bien-être des collaborateurs, à prévenir les risques psychosociaux et à adapter le style de management en fonction des résultats. Bien sûr, leur utilisation doit respecter les droits individuels, l’anonymat et la confidentialité des données obtenues.

Bien-être au travail Intelligence artificielle (IA)