Il y a une dizaine d’années, l’expression des émotions (notamment négatives) en entreprise n’était pas envisageable. Aujourd’hui, montrer ses émotions au travail devient plus fréquent.
Selon une étude menée par la DARES en 2019, 65% des salariés cachent leurs émotions au travail, par obligation (ex : nécessité d’être accueillant et souriant en tant que serveur dans un restaurant ou comme hôtesse d’accueil) ou par choix. Pourtant, essayer de systématiquement contrôler ses émotions risque de les décupler et peut créer une forte charge mentale.
Exprimer ses émotions au travail est parfois utile : les jeunes travailleurs (18 à 35 ans) l’ont compris. Ils sont plus enclins à faire part de leurs ressentis, dans le but d’améliorer l’environnement de travail et de faire évoluer les mentalités sur la santé mentale.
Par ailleurs, les travailleurs parlent davantage de leurs émotions avec leurs collègues, qu’avec leur manager direct ou le service des ressources humaines.
Pourquoi faut-il tenir compte des émotions au travail ?
Tout d’abord, il faut se rappeler qu’une émotion a pour but de nous faire comprendre quelque chose : elle est donc toujours utile, qu’elle soit agréable ou désagréable. Par exemple : un salarié qui subit du harcèlement peut ressentir de la colère. Cette émotion lui rappelle que la situation est inacceptable et qu’il faut agir.
Il est essentiel de prendre en compte les émotions des collaborateurs dans la mesure où leurs conséquences peuvent nuire ou être bénéfiques pour l’entreprise. Par exemple :
- Un travailleur ressentant des émotions positives sera plus susceptible de s’impliquer au-delà de ses attributions, de prendre des initiatives et d’être plus fidèle à la société. Cela améliore la productivité et l’efficacité de l’entreprise, tout en réduisant le risque de burn-out et de démission.
- Un employé qui ressent des émotions négatives peut être moins motivé, se sous-estimer, et avoir des problèmes de santé mentale ou physique. Cela affecte donc l’ambiance de travail et augmente le taux d’absentéisme.
En tant qu’employeur, valoriser les émotions et leur impact est primordial pour la culture d’entreprise. Les collaborateurs apprécient avoir le soutien de leurs supérieurs hiérarchiques : cela accroît leur sentiment d’appartenance et leur investissement. La reconnaissance émotionnelle permet d’améliorer la marque employeur. Pour cela, toutes les formes émotions doivent être acceptées : chacun doit pouvoir dire ce qu’il ressent réellement. Afin d’éviter tout décalage et les tensions, il ne faut pas que les salariés se sentent obligés d’exprimer une émotion contraire à ce qu’ils ressentent vraiment.