Quand le dispositif de l’Exit Tax est-il applicable ?

Quand le dispositif de l’Exit Tax est-il applicable ?

Dans Fiscalité

L’exit tax est un dispositif ayant pour but de lutter contre l’évasion fiscale internationale et éviter toute incitation fiscale au départ de France. Quand une entreprise transfère son domicile fiscal hors de France, l’exit tax peut être appliqué dans certaines conditions ou alors, il est possible de bénéficier d’un sursis d’imposition ou d’un dégrèvement.

L’essentiel en 30 secondes

  • Conditions : au moins 6 ans de résidence fiscale en France sur les 10 ans avant le départ, et des titres d’au moins 800 000 euros ou 50 % des bénéfices sociaux d’une société.
  • Imposition : impôt sur le revenu et prélèvements sociaux sur les plus-values latentes, certaines créances et les plus-values en report.
  • Sursis de paiement : automatique vers l’Union européenne ou un État conventionné, sur demande avec garantie ailleurs.
  • Dégrèvement : après 2 ou 5 ans selon que les titres valent moins ou plus de 2,57 millions d’euros.
  • Déclarations : formulaires n° 2074-ETD, 2074-ETS ou 2074-ETSL selon la situation.

Conditions

Application de l’exit tax : les conditions à respecter

Pour que l’exit tax s’applique, certaines conditions doivent être respectées :

  • Contribuables qui ont été résident fiscal français durant au moins 6 années au cours des 10 années précédant le transfert du domicile à l’étranger
  • Détention de droits sociaux, titres ou droits d’une valeur globale d’au moins 800 000 euros ou représentant au moins 50% des bénéfices sociaux d’une société en France

L’exit tax vise les contribuables installés durablement en France qui détiennent une participation importante au moment de partir.

6 ans sur 10de résidence fiscale française avant le transfert du domicile à l’étranger

800 000 eurosvaleur globale minimale des droits sociaux, titres ou droits détenus

50 %part des bénéfices sociaux d’une société en France, à défaut du seuil en valeur

Imposition

Imposition à l’exit tax

Selon l’article 167 bis du Code général des impôts, le contribuable qui transfère son domicile fiscal hors de France est imposable (si les conditions sont remplies) à l’impôt sur le revenu, aux prélèvements sociaux au titre de ses plus-values latentes, de ses créances trouvant leur origine dans une clause de complément de prix, et de ses plus-values de cession ou en report d’imposition.

Au départ, les plus-values latentes, certaines créances et les plus-values en report sont soumises à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.

Sursis

Exit tax : Le sursis de paiement

Le sursis de paiement permet de limiter les contraintes de l’exit tax et s’applique différemment selon le pays de destination du contribuable. Il est appliqué automatiquement s’il s’agit d’un État membre de l’Union européenne, ou dans un état qui a conclu avec la France une convention d’assistance pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales.

Par ailleurs, le sursis de paiement peut aussi être accordé sur demande, via le formulaire dédié joint d’une proposition de garantie. Il concerne les contribuables qui transfèrent leur domicile vers un État considéré comme non coopératif (ETNC) ou dans un État ou territoire situé hors UE qui n’a pas conclu avec la France des conventions d’assistance à la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales et d’assistance au recouvrement.

Le sursis de paiement est applicable aux prélèvements sociaux et à l’impôt sur le revenu. Il peut être perdu s’il a été accordé automatiquement et qu’un transfert vers un ETNC ou un État ou territoire non-coopératif est effectué ensuite. Il peut aussi prendre si le contribuable cède les titres concernés à titre onéreux, ou s’ils sont rachetés, remboursés ou annulés.

À noter :
Le sursis peut être perdu. C’est le cas après un transfert vers un État ou territoire non coopératif, ou si les titres sont cédés à titre onéreux, rachetés, remboursés ou annulés.

Le sursis de paiement dépend du pays de destination : automatique dans l’Union européenne ou un État conventionné, sur demande et avec garantie ailleurs.

Dégrèvement

Exit tax : Le dégrèvement

Le contribuable peut obtenir le dégrèvement de l’exit tax en sursis de paiement, dans un délai de 2 ans pour ceux dont la valeur des titres entrant dans le champ de l’exit tax est inférieure à 2,57 millions d’euros, ou de 5 ans pour ceux dont la valeur est supérieure à 2,57 millions d’euros. Le délai débute à partir de la date du transfert du domicile fiscal. Pendant celui-ci, l’impôt est dû directement en cas de liquidation de la société, décès du titulaire, cession, donation, rachat, remboursement ou annulation des droits sociaux pour lesquels il y a des plus-values.

Info :
Le délai court dès le transfert du domicile fiscal. Pendant ce délai, une liquidation, un décès, une cession, une donation, un rachat, un remboursement ou une annulation des droits rend l’impôt dû directement.

L’exit tax en sursis peut être dégrevée au bout de 2 ou 5 ans, selon la valeur des titres concernés.

Déclarations

Exit Tax : Déclarations obligatoires

La déclaration à effectuer varie en fonction de la situation. Il existe tout d’abord une déclaration n°2074-ETD permettant de déclarer les plus-values latentes, les créances trouvant leur origine dans une clause de complément de prix et les plus-values en report d’imposition détenues à la date du transfert du domicile fiscal hors de France. En outre, la déclaration n°2074-ETS sert à assurer le suivi des impositions et existe en plusieurs versions selon la date à laquelle le domicile fiscal a été transféré hors de France. En cas de sursis de paiement total et à certaines conditions, c’est la déclaration n°2074-ETSL qui doit être complétée. Il est donc important de se rapprocher d’un professionnel qualifié pour effectuer toutes les démarches correctement, en fonction de sa propre situation.

Astuce :
Faites-vous accompagner. La déclaration dépend de votre situation : un professionnel qualifié vous aide à effectuer les bonnes démarches.

Selon votre situation, l’exit tax se déclare et se suit avec les formulaires n° 2074-ETD, 2074-ETS ou 2074-ETSL.

Questions fréquentes

Qui est concerné par l’exit tax ?

Les contribuables résidents fiscaux français pendant au moins 6 des 10 années précédant leur départ, qui détiennent des titres d’au moins 800 000 euros ou représentant au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société en France.

Sur quoi porte l’exit tax ?

Sur les plus-values latentes, les créances issues d’une clause de complément de prix et les plus-values de cession ou en report d’imposition, soumises à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.

Le sursis de paiement est-il automatique ?

Oui, vers un État membre de l’Union européenne ou un État ayant conclu avec la France une convention d’assistance contre la fraude et l’évasion fiscales. Sinon, il se demande via un formulaire dédié, avec une proposition de garantie.

Quand l’exit tax peut-elle être dégrevée ?

Après 2 ans si les titres valent moins de 2,57 millions d’euros, après 5 ans au-delà, à compter du transfert du domicile fiscal.

Quelles déclarations remplir pour l’exit tax ?

La déclaration n° 2074-ETD pour les plus-values et créances à la date du départ, puis la n° 2074-ETS pour le suivi, ou la n° 2074-ETSL en cas de sursis de paiement total, à certaines conditions.

Aller plus loin

Voici des ressources utiles qui pourraient vous intéresser :

L'expatriation

L’expatriation est le fait de partir vivre et travailler dans une filiale à l’étranger pendant un certain temps. Que faut-il vérifier avant de s'engager ? Quels sont les avantages ? Que se passe t'il concernant la rémunération, la protection sociale et le contrat de travail ?

Quelles sont les règles relatives à la cession de parts sociales à un associé ?

La cession de parts sociales à un associé nécessite de respecter plusieurs étapes et règles, pouvant varier selon la forme juridique de l’entreprise.

Vos documents centralisés avec Wuro

Le Coffre-fort de Wuro centralise vos documents au même endroit.

S’inscrire gratuitement

Taxes