Ce qui compose la commission
Ce que paie le commerçant à chaque paiement par carte
À chaque paiement par carte, votre banque prélève une commission, appelée commission commerçant. Elle cumule trois éléments.
La commission d’interchange
La commission d’interchange, également appelée commission interbancaire de paiement (CIP), a pour but de couvrir les frais liés aux transferts entre les banques débitrices (celles des clients) et créditrices (celles des commerçants). Aussi, elle permet de financer des mesures de lutte contre la fraude à la carte bancaire et de rémunérer la garantie de paiement apportée au commerçant.
Si la banque du commerçant est la même que celle du client, il n’y a pas de frais d’interchange applicable. Le commerçant paie toutefois sa commission à sa banque, comme pour tout autre paiement.
Le plafond des commissions d’interchange est défini par le règlement (UE) 2015/751 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2015 relatif aux commissions d’interchange pour les opérations de paiement liées à une carte. Ainsi, par transaction, le plafond est de 0,2 % de la valeur de l’opération pour une carte de débit, et de 0,3 % de la valeur de l’opération pour une carte de crédit. Ces plafonds valent pour les cartes des particuliers : les cartes professionnelles et les réseaux comme American Express en sont exclus.
Les frais des réseaux
Les frais prélevés par les réseaux de carte bancaire (Visa, Mastercard, American Express, CB…) rémunèrent le réseau, qui fixe les règles selon lesquelles chaque paiement par carte est exécuté entre la banque du client et celle du commerçant. La garantie de paiement, elle, est rémunérée par la commission d’interchange.
Leur montant varie selon le réseau et le type de carte (pour un particulier ou un professionnel). Aucun barème public ne les chiffre : ils sont compris dans la commission que vous facture votre banque.
La marge du prestataire de paiement
Le taux de la marge bancaire permet de rémunérer la banque pour le service rendu. Il n’est pas le même pour tous les professionnels : il est défini de façon libre par chaque banque, en tenant compte de plusieurs éléments : le secteur d’activité (sujet aux fraudes ou non), la taille de l’entreprise, le volume de paiement, le type de paiement (national ou international), la relation avec le professionnel. Si besoin, le commerçant peut donc négocier le montant du taux avec sa banque.
Astuce :
Demandez le détail de votre commission. Votre banque doit vous facturer séparément l’interchange, les frais de réseau et sa propre marge, sauf si vous lui avez demandé un taux global. Ce détail vous montre ce qui se négocie vraiment : la marge de la banque. Source : règlement (UE) 2015/751, art. 9.
Sur les trois éléments de la commission, l’interchange est plafonnée et les frais de réseau vous échappent : c’est sur la marge de votre banque que se joue la négociation.