Signes
Les signes d’un environnement de travail toxique
Harcèlement
Quand les supérieurs hiérarchiques acceptent que certains salariés aient recours à l’intimidation, ou agissent eux-mêmes de façon déplacée en les harcelant, il s’agit clairement d’un environnement toxique. Si un salarié est incité à persécuter les autres pour conserver son travail ou évoluer professionnellement, ce n’est absolument pas normal non plus. Toute forme de harcèlement doit être signalée rapidement.
Concurrence encouragée
Certains dirigeants peuvent encourager la concurrence entre les collaborateurs pour les pousser à fournir plus ou de meilleurs résultats. Cependant, cette technique permet surtout de créer des tensions (jalousies et rumeurs), voire des situations plus graves (racisme, violence…) qui n’existeraient pas si la cohésion d’équipe était favorisée. Travailler dans de telles conditions n’est pas sain.
Incitation à mentir
Si dans le cadre de son travail, un salarié est incité à mentir à ses collègues ou ses clients, à couvrir des faits abusifs ou à falsifier des données pour son entreprise : il ne s’agit pas d’un environnement de travail honnête et sain.
Manque d’enthousiasme
Si les collaborateurs échangent entre eux uniquement pour le travail (jamais par plaisir ou sympathie), qu’ils ne rigolent jamais ensemble, et ne sont jamais enthousiastes : c’est probablement que les conditions de travail sont peu agréables.
Rumeurs
Certains salariés apprécient colporter des rumeurs, notamment aux nouveaux arrivants, ce qui dégrade l’ambiance de travail. Il est anormal que ce type de comportement soit toléré par la hiérarchie.
Par ailleurs, il se peut que les rumeurs répandues ne soient pas malveillantes. Cela peut arriver par exemple lorsqu’il y a peu de communication dans l’entreprise et que les salariés essayent de s’informer.
Communication absente ou confuse
Pour qu’une entreprise fonctionne correctement, une bonne communication est nécessaire. En effet, un manque de communication, ou une communication confuse (contradictions, manque de clarté...) peut avoir un impact négatif sur le moral des collaborateurs ou leur travail, mais aussi des conséquences plus graves, comme la mise en danger de leur santé et leur sécurité.
Bien-être négligé
La hiérarchie prête-t-elle plus attention aux résultats ou au bien-être des salariés ? Certes, obtenir des résultats est important pour une entreprise, mais en aucun cas le bien-être des personnes ne doit être négligé. Il s’agit d’abord de veiller à ce que leurs besoins vitaux (boire, manger, aller aux toilettes) puissent être satisfaits sans contrainte. La charge de travail attribuée à chacun doit être suffisante et ne pas les mener au burn-out. Aussi, il doit y avoir une certaine empathie vis-à-vis des problèmes personnels ou familiaux (équilibre de la vie privée et professionnelle, maladie, décès...) pour que l’environnement ne soit pas perçu comme toxique.
Inégalités
S’il existe des inégalités entre les salariés, du favoritisme ou des injustices dans certaines situations, l’ambiance de travail va forcément être impactée et être toxique.
Déconnexion impossible
Il existe un droit à la déconnexion, qui lorsqu’il n’est pas respecté peut être assimilé à du harcèlement moral selon Me. Nicolas Gossin, avocat en droit civil, pénal et du travail au barreau de Marseille.
Si un salarié est incité à répondre à des appels, des mails ou des sms à tout moment de la journée ou de la nuit, même pendant ses week-ends et ses congés payés : ce n’est pas normal.
Contraire aux valeurs
Si un salarié est amené à faire une ou plusieurs fois, quelque chose peu éthique, ou en totale contradiction avec ses valeurs, de façon fréquente : c’est que l’environnement de travail est toxique pour lui.
Pas le droit à l’erreur
Si aucun salarié n’ose proposer des idées, des solutions ou ne prend jamais d’initiative, il est possible que ce soit par peur d’échouer, de mal faire. En effet, dans certaines entreprises, le droit à l’erreur n’existe pas car elle est considérée comme un échec. Les salariés évitent à tout prix les critiques, sanctions et réprimandes, et perdent toute motivation. Un tel environnement de travail est malsain.
Hiérarchie toxique
Lorsqu’un supérieur hiérarchique a besoin de tout contrôler, laisse les situations problématiques s’envenimer, qu’il ne prend pas en considération l’avis ou les suggestions de ses salariés, n’a aucune compassion pour eux et les empêche de collaborer ensemble, c’est qu’il s’agit d’une personne toxique. Si les collaborateurs viennent travailler avec un sentiment de peur, sont toujours méfiants quand ils doivent s’adresser à lui de par son imprévisibilité, c'est qu’il y a un problème.
Turn-over élevé
Certains secteurs d’activité (commerce, prospection, tourisme...) ont un taux de turn-over important. Dans le cas où une entreprise n’est pas concernée par l’un de ces domaines, et que le taux de rotation est très élevé, c’est qu’il existe surement des dysfonctionnements qui ne donnent pas envie d’y rester.
Exclusion
Si un ou plusieurs salariés ont la sensation d’être mis à l’écart et peinent à s’intégrer malgré leurs efforts, c’est que l’environnement de travail n’est pas sain.
Retours insuffisants et négatifs
Quand les collaborateurs manquent de reconnaissance de la part de leur hiérarchie, ont peu de retour quant à leur travail, ou qu’il s’agit essentiellement de feedbacks négatifs, cela est nuisible à l’environnement de travail.
À noter :
Une déconnexion impossible peut être assimilée à du harcèlement moral. Être incité à répondre aux appels, mails ou SMS à toute heure, même pendant les week-ends et les congés payés, n’est pas normal.
Harcèlement, concurrence encouragée, rumeurs, inégalités ou hiérarchie toxique : chaque signe mérite d’être pris au sérieux.